Aller au contenu principal
Fermer

Entre noyades et surfréquentation, les stations balnéaires de Gironde sous tension
information fournie par AFP 30/05/2026 à 17:42

Des surfeurs à la plage de Le Porge, en Gironde, le 30 mai 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Des surfeurs à la plage de Le Porge, en Gironde, le 30 mai 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

La chaleur faisant affluer les baigneurs, des maîtres-nageurs-sauveteurs ont été missionnés en urgence samedi pour surveiller une plage de Gironde, quinze jours plus tôt que prévu, et prévenir les noyades qui ont déjà fait quatre morts dans le département.

Cette réquisition représente "un surcoût" de 15.000 euros pour la commune du Porge, bourg de 3.500 habitants niché entre dunes et pins de la forêt des Landes de Gascogne, selon le maire, Martial Zaninetti. Mais c'est un effort qu'il faut "assumer pour sauver des vies", soutient-il.

Durant cette semaine de canicule historiquement précoce, trois personnes ont trouvé la mort en se noyant à Lacanau, la station voisine, et une autre à Lège-Cap-Ferret, plus au sud.

Les victimes étaient "venues chercher un peu de fraîcheur" et se sont noyées "en dehors des horaires de surveillance", selon Laurent Peyrondet, maire de Lacanau et président du Sivu33, le syndicat intercommunal qui gère la sécurité des plages du département.

- "Amoureux de l'océan" -

Un maître-nageur-sauveteur surveille la plage de Le Porge, en Gironde, le 30 mai 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Un maître-nageur-sauveteur surveille la plage de Le Porge, en Gironde, le 30 mai 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Trois d'entre elles ont été emportées par des baïnes (petites bassines en gascon), des courants piégeux du littoral aquitain qui peuvent entraîner rapidement les baigneurs au large.

"Ça aurait pu être bien pire. Il y avait beaucoup de locaux, de surfeurs, de nageurs expérimentés qui ont fait du sauvetage ces derniers jours", observe Yohann Tranvouez, responsable de l'équipe de cinq maîtres-nageurs-sauveteurs (MNS) déployée au Porge.

"Les MNS civils sont des amoureux de l'océan, c'est un métier passion, heureusement qu'ils sont ultradisponibles", note ce saisonnier, chef local des sauveteurs chaque été.

Pour Julie, une trentenaire Bordelaise venue samedi faire "sa deuxième plage de la semaine", voir les "sauveteurs, ça rassure bien sûr", mais "il faudra aussi beaucoup de prévention" sur les baïnes, car "petite, j'ai failli m'y noyer. Depuis je connais, ça m'a traumatisée".

Si les horaires de surveillance de certaines plages ont été étendus jusqu'à 20H30, seules sept d'entre elles sur les 25 du littoral girondin ont déployé leurs équipes fin mai, alors que la côte était prise d'assaut sous les fortes chaleurs.

Le maire de Le Porge, Martial Zaninetti, le 30 mai 2026 sur la plage de Le Porge, en Gironde ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Le maire de Le Porge, Martial Zaninetti, le 30 mai 2026 sur la plage de Le Porge, en Gironde ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Le weekend de Pentecôte, plus de 130.000 personnes ont fréquenté les stations balnéaires entre Hourtin et le Cap-Ferret, distantes d'une heure à une heure et demie de route de l'agglomération bordelaise, soit "l'équivalent du weekend du 15 août", pointe M. Peyrondet.

Face à une telle affluence, ces communes, qui ne rassemblent qu'une vingtaine de milliers d'habitants en basse saison, assurent ne plus avoir les moyens de "financer toutes seules" l'accueil, la surveillance et le ramassage des déchets.

- Plage payante ? -

Des parkings payants au bas des dunes le permettraient, "mais ce n'est pas notre souhait", affirment de concert les maires de Lacanau et du Porge. Ils demandent plutôt aux autres collectivités du territoire (intercommunalités voisines, Bordeaux métropole, conseil départemental et région) de les aider.

Des maîtres-nageurs-sauveteurs surveillent la plage de Le Porge en Gironde le 30 mai 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

Des maîtres-nageurs-sauveteurs surveillent la plage de Le Porge en Gironde le 30 mai 2026 ( AFP / ROMAIN PERROCHEAU )

"Il est important de maintenir des espaces gratuits de liberté. Sans partenaires, on arrivera à un schéma de société où l'accès à la plage ou à la montagne deviendra payant", redoute M. Zaninetti.

Dans les Landes voisines, une expérience inédite de veille hors saison des plages, d'un coût de 2,7 millions d'euros dont 1,2 million financé par le département, a été lancée depuis l'été 2025.

Mais en Gironde, le conseil départemental, aux finances exsangues, a été placé sous le contrôle de la chambre régionale des comptes.

La préfecture, cette semaine, a appelé à "une mobilisation collective" des services de l'État, des collectivités et des pompiers pour renforcer la prévention et informer des risques de noyade dans la zone. Elle va déployer une quarantaine de CRS-MNS sur les plages dès le 1er juillet.

Le Sivu33 salue ce "soutien de l'État" mais prévient qu'avec le changement climatique, les plages "qui étaient surveillées trois mois dans l'année" devront l'être, à l'avenir, "des vacances de Pâques à celles de la Toussaint".

1 commentaire

  • 18:09

    Dette gigantesque, temps de travail parmi les plus bas au monde, revenu trop faible ( tout le monde se plaint) . Mais le problème numéro un du pays est le surtourisme...et le prix du carburant. Il doit pourtant y avoir des solutions....


Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

Pages les plus populaires